Projet narratif Camps de « Réfugiés Migrants » Nord&Pas-de-calais

Prise en charge médico-psycho-sociale des femmes et enfants des camps de « migrants » du Nord et du Pas-de-Calais.  (édité en nov 2015)

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Objectifs

Prise en charge médico-psycho-sociale des femmes et des enfants des camps de « migrants » du Nord et du Pas-de-Calais selon 3 axes :

1/ Femmes enceintes :

  • Transfert organisé vers les maternités alentours pour les consultations programmées CPN, Echo T1, T2, T3, etc…
  • Suivi des grossesses dans les camps selon les modalités du suivi à Domicile (cardiotocographe, échographe portable)
  • Organisation des transferts non médicalisés (mode taxi ambulance) vers les maternités pour les actes et accouchements…

2/ Femmes victimes de violences (viols, prostitution, violences conjugales…) :

  • Prise en charge médico-psycho-sociale
  • Groupes de paroles sur la contraception, les relations affectives, l’allaitement, la maternité, etc. (avec la boite de jeu de GSF)
  • Contraception d’urgence
  • Traitement et prévention des infections sexuellement transmissibles (IST)
  • Relais avec les associations de lutte contre les violences.

3/ Soins en gynécologie

  • Gestion des avortements spontanés et volontaires
  • Prévention des IST

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Quels sont les besoins ?

Les données concernant le nombre de réfugiés par camp, de femmes, d’enfants dans les camps du Nord et du Pas-de-Calais, sont difficiles à collecter. Actuellement les femmes sont situées dans 5 camps : Calais, Grande Synthe, Steenvoorde, Norrent Fontes, Choques et Angres.

Les violences faites aux femmes et la santé des femmes sont au cœur des inquiétudes des bénévoles qui œuvrent sur les camps et qui n’ont pas les compétences pour les prendre en charge.

Les hôpitaux alentours sont en souffrance par cet afflux anarchique d’urgence. L’accès aux soins pour les femmes et les enfants est difficile et insuffisant.

On considérait en novembre qu’il y avait environ 10% de femmes dans l’ensemble des camps, entre 700 et 1 000 femmes. Actuellement depuis 2016 on constate une nette augmentation des femmes et enfants dans les camps.

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Qui a identifié ces besoins ?

Les bénévoles et les associations sur place ont identifié un réel problème de santé maternelle et infantile au sein des camps, avec des femmes enceintes non suivies, des accouchements, de nombreuses violences (viols, prostitution, violences sexistes, tournantes). De plus en plus de voix s’élèvent pour souligner la crise humanitaire qui touche aussi les femmes et les enfants de plus en plus nombreux dans les camps et qui subissent des violences spécifiques liées au genre (féminin).

 Description de l’action

Les actes de violences s’opèrent à l’intérieur des camps zone de non-droit. Il est très difficile voire impossible pour les femmes et les enfants de se rendre dans les structures d’accueil des migrants souvent situées à plusieurs kilomètres des camps. Il faut donc aller à leur rencontre dans les camps ou à la périphérie des camps, avec un Dispensaire Mobile de soins en Gynéco-Obstétrique (DMGO)

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 1/ DMGO (dispensaire mobile de gynécologie obstétrique)

  • Circulant tous les jours dans les 5 camps avec des bénévoles spécialistes en gynéco-obstétrique, Gynéco-Obstétriciens et/ou Sages-Femmes (GOet/ouSF).
  • Nos bénévoles (GO et/ou SF) :
  • 2 bénévoles « 15 jours » sur place au base-camp situé à Bourbourg pendant 15 jours,
  • joignables 7 jours/7 et 24H/24 par téléphone,
  • basés à Bourbourg à proximité des camps et pouvant se déplacer avec le DMGO tous les jours;
  • 2 bénévoles « Nordistes- 8 heures » présents de 09H à 18H en renfort à partir de décembre. Les Nordistes sont des SF et/ou GO du Nord et du Pas-de-Calais qui viennent renforcer l’équipe « 15 jours » pendant une journée.

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2/ Suivi des femmes : enceintes, victimes de violences, avec pathologies gynécologiques.

  • Organisation de consultations de proximité pour les femmes et leurs enfants.
  • Suivi des grossesses selon le mode « surveillance à domicile ».
  • Contraception et Traitement des IST.
  • Prise en charge médico-psycho-sociale des femmes victimes de violences.
  • Suivi des avortements par médicaments.
  • Transfert « organisé » des patientes pour les actes gynéco-obstétricaux (accouchements, consultations programmées, échographies T1, T2, T3, fausses couches..) en respect des protocoles établis avec les collègues des hôpitaux.

 

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3/ Nos actions permettront :

  • D’évaluer le nombre de femmes : enceintes, victimes de violence, nécessitant une prise en charge gynéco-obstétricale.
  • D’organiser leur transfert quand cela est nécessaire vers nos collègues des hôpitaux alentours : transfert organisé et accompagné d’un protocole de prise en charge établi en concertation avec les hôpitaux alentours, le SAMU et les Pompiers; d’assurer des transmissions ciblées de spécialistes à spécialistes en gynéco-obstétrique pour permettre une bonne prise en charge par l’hôpital.
  • D’assurer le « suivi » des femmes prises en charge dans les camps, les hôpitaux ou dans les hébergements.

Population bénéficiaire

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  • Femmes et enfants migrants, réfugiés dans les camps du Nord et du Pas-de-Calais. L’absence de statistiques  ne permet pas de quantifier précisément le nombre de femmes et d’enfants concernés. Toutefois,  tous les observateurs rapportent la présence de femmes et d’enfants dans les camps en situation de vulnérabilité à l’intérieur des camps, avec des viols, de la prostitution des femmes, accouchant ou avortant sans aucun accompagnement médical et psychologique. plus de 10% de la population des camps.
  • Professionnels des services de gynécologie obstétrique des hôpitaux de la région, des SAMU qui reçoivent des migrantes en urgence sans aucun renseignement médical, les mettant dans un état de stress.
  • Professionnels des services d’aide aux victimes de violences. 

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Moyens mis en œuvre

  • Permanence des soins en gynéco-obstétrique :
    • Binôme de Sages-Femmes et/ou Gynéco-Obstétriciens en mission de 2 semaines, présents 24H/24 et 7J/7 « en expatriation ».
    • renforcement par les bénévoles nordistes
  • « Camp de base de GSF » :
    • Loué meublé avec 5 couchages, une cuisine, des sanitaires, un bureau, une ligne téléphonique, un accès internet haut débit, un parking pour les véhicules de GSF; situé à proximité des camps (entre Calais et Dunkerque), à Bourbourg.
  • Coordinateur administratif de projet 
    • salarié de GSF sur un ETP 35H/sem
    • Il assure la liaison avec les bénévoles, avec les autres ONG, la planification des missions de soins, la saisie des données administratives et statistiques, l’accueil et la logistique des bénévoles.

Alexandra Duthe Sage Femme au CH de Saint Omer administratrice de GSF et  Richard Matis Gynéco au CH d’Armentières administrateur vice président de GSF, coordonnent la mission à titre bénévole.

DMGO : Véhicule type « camionnette » permis B, pour transporter jusqu’à 6-8 personnes.

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Matériel de consultation gynéco-obstétrical :

  • Echographe, cardiotocographe, lumière, consommables de consultation (rouleau de papier, gants, antiseptique).
  • Matériel de perfusion : Ocytociques, Tocolyse, Antibiotiques, Antalgiques, Anti-Inflammatoires.

Matériel de soins d’urgence :

  • Kit d’accouchement pour accouchement inopiné, Kit petite chirurgie, Kit contraception d’urgence, Kit traitements anti-infectieux, kit traitement avortement médical (Cytotec, Mifégyne, Spasfon, Antalgiques).

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Zones d’action

  • Camps de migrants réfugiés avec des femmes : Calais, Grande-Synthe, Steenvoorde, Norrent-Fontes, Angres dans les départements du Nord et du Pas-de-Calais.
  • Le Gite de GSF est situé entre Calais et Dunkerque à Bourbourg.

Calendrier

– Mission Evaluation : du 12 octobre au 30 octobre 2015.

– Mission d’installation du 15 au 25 novembre 2015.

– Mission de soins avec DMGO dans les camps à partir du 15 novembre 2015

Evaluation des actions

Tous les actes seront « tracés » dans un registre d’activité qui comportera les :

  • patientes prises en charge, les pathologies, les traitements
  • transferts effectués par GSF, ou par le SAMU ou Pompier, ou par d’autres organisations
  • patientes hospitalisées et leur suivi
  • victimes de violences
  • les visites des camps par le DMGO
  • le nombre de bénévoles GSF
  • le nombre de Femmes et enfants par camp
  • le nombre d’actes de violence, viols, violences conjugales,
  • le nombre d’accouchements dans les camps et à l’hôpital
  • le nombre d’avortements, de contraceptions d’urgence, de traitements anti-infectieux, de prévention HIV

 Informations complémentaires

  • Les administrateurs de GSF de la région Nord Pas de Calais : Alexandra Duthe (SF), M. Jacques Dubos, Dr Denis Therby et Dr Richard Matis ont une très bonne connaissance des 34 maternités de la Région.
  • Les liens d’amitiés avec tous les chefs des services de gynécologie obstétrique vont faciliter la communication et par là l’élaboration de protocoles de transferts.

Ces protocoles de transfert seront écrits en concertation avec les directions des hôpitaux, l’ARS du Nord – Pas-de-Calais, les chefs de service de gynécologie, d’accueil des urgences et le SAMU 59 et 62.

L’objectif est d’organiser pour rendre confortable en toute sécurité, les transferts des patientes qui ont été dépistées et prises en charge par GSF.

GSF assurant l’interface entre les camps et les hôpitaux pour les femmes migrantes et leurs enfants.

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Pour les Enfants GSF va s’appuyer sur l’ONG Pédiatres du Monde avec qui un partenariat est opérationnel.

Pour la prise en charge des femmes victimes de violences nous bénéficions à GSF d’une très bonne connaissance du réseau de lutte contre les violences faites aux femmes,  que ce soit au niveau des associations qu’au niveau des professionnels concernés (Justice, Action Sociale, Police, service d’aide aux victimes…). Là aussi nous pourrons organiser l’orientation vers des prises en charge spécifiques avec les acteurs du réseau de lutte contre les violences faites aux femmes.

Budget

  • Le DMGO tout compris avec le matériel et l’aménagement du camp de base GSF revient à 30 000€
  • Les frais de missions tout compris reviennent à 9 000 € /mois pour 2 professionnels spécialisés présents 24H/24 et un coordinateur de projet. Soit pour un an = 108 000 /an
    • Par mois pour un mois de missions avec 2 bénévoles /15 jours : 9 000 € /mois
      • 5 AR = 1 250 € / mois
      • Perdiem (nourriture + essence) = 120 €/j pour 2 bénévoles = 3 600 €/mois
      • Consommables (médicaments et bureautique) = 1 650 €/mois
      • Salaire de coordinateur de mission = 2500 €/mois

Vous pouvez suivre notre mission sur la page de notre site GSF

http://gynsf.org/mission-camps-de-refugies-migrants-du-nord-pas-de-calais/

et sur FaceBook

https://www.facebook.com/Gyn%C3%A9cologie-Sans-Fronti%C3%A8res-282597332600/