Burundi

Actuellement les missions à destination du Burundi sont suspendues provisoirement en raison de l’insécurité, régnant depuis avril 2015. Dès que la situation sera assainie, nous reprendrons nos missions.

Consulter l’article sur Maggy publié au CH de Draguignan par Serge Boyer en Mai 2016, en cliquant >>ici<<

Vous pouvez consulter l’article de Vastine publié dans SOROPTIMIST N° 241 en cliquant >>ici<<

 

Depuis 2006 GSF intervient au Burundi initialement pour la prise en charge des Fistules Obstétricales au CHU de Bujumbura en formant un gynécologue obstétricien burundais. Depuis 2010 GSF est engagé dans la formation des professionnels de santé aux Soins Obstétricaux et Néonatals d’Urgences (SONU) afin de prévenir la mortalité maternelle (800/100 000) et la morbidité en particulier les fistules. L’action actuelle est située dans l’Est du Burundi à Ruygi à l’hôpital REMA : le projet Amagoré. Ce programme est soutenu financièrement par le Conseil Régional des Pays de la Loire (PDL), l’Agence Française de Développement (AFD) et par des fonds privés venant de la Fondation de Lille et d’autres fonds de donation.

Aller sur l’article Missions Amagoré

où vous pourrez consulter le rapport de mission en images de la mission Amagoré en cliquant sur :
Mission Amagoré – Burundi – Ruyigi – Hôpital REMA
ou Télécharger le diaporama
ou Missions amagore 2012 2013

Population : 9,85 millions
Espérance de vie : 52 ans pour les hommes, 54 ans pour les femmes
Taux de natalité : 33,7 naissances pour 1.000 habitants
Pourcentage d’accouchements effectués sans personnel qualifié : 60%
Nombre de médecins : n.c
Taux de mortalité maternelle : 800 décès pour 100 000 naissances
Taux de mortalité infantile : 86 décès pour 1.000 naissances normales

Chiffres OMS

Nos missions au Burundi

PROJET 1 : Prévention, Formation et Prise en charge en faveur de la baisse de la mortalité maternelle.

Une femme sur 125 meurt en couches. Chaque femme a environ 5 à 6 grossesses, cela signifie, que sur 20 femmes en âge de procréer, l’une d’entres elle va mourir durant sa vie de mère. Si la femme échappe à la mort, elle peut présenter deux autres risques majeurs : les fistules obstétricales et les prolapsus génitaux. Deux pathologies graves prises en charge par les équipes de GSF.

2007-2011 : Traitement des fistules et Formations aux SONU

Les fistules obstétricales ou fistules vesico-vaginales (FVV) représentent le deuxième drame de l’accouchement dans les pays en voie de développement. Elles correspondent à une ouverture permanente et anormale entre la vessie et le vagin, entre le vagin et le rectum, voire d’une double fistule (vessie, vagin et rectum) conduisant à des fuites urinaires et/ou fécales continues. La fistule est la conséquence d’un travail obstétrical prolongé qui dure plusieurs jours, en l’absence de césarienne. Il s’agit d’un réel drame, un triple drame : drame maternel – le plus souvent l’enfant est mort au moment de l’accouchement du fait de la difficulté, drame médical – handicap permanent lié aux écoulements d’urines – et drame social car ces femmes sont le plus souvent répudiées.

Elles représentent la deuxième complication majeure de l’accouchement dans les pays en voie de développement.
On estime que chaque minute, dans le monde, 1 femme meurt en accouchant et 110 souffrent des conséquences de l’accouchement, dont les fistules obstétricales. Cela représente 20 à 50 millions de femmes dans le monde. Il y aurait au Burundi environ 1 000 nouvelles complications comme les fistules par an et quelques 10 000 femmes en souffriraient sans recevoir de traitement.
Cette pathologie exceptionnelle est le résultat de l’absence de prise en charge des accouchements ou de la prise en charge par des personnes non expérimentées. Les conséquences principales sont l’exclusion sociale liée à la mal odeur et à l’infertilité.

La prise en charge chirurgicale est difficile en raison de :
• l’absence de formation chirurgicale du personnel soignant
• l’absence de revenu de ces femmes répudiées, exclues et isolées, qui n’ont pas les ressources financières leur permettant un traitement chirurgical.
En 2007, GSF a commencé par travailler avec le CHU de Kamengé, à Bujumbura, la capitale du Burundi afin de soigner les femmes ayant une fistule obstétricale et de former des chirurgiens burundais. En parallèle de ce travail à la capitale burundaise, commence en 2010, une collaboration particulièrement fructueuse avec l’hôpital Rema, situé dans la province de Ruyigi, à l’Est du Burundi. Afin de prévenir les complications dramatiques des fistules pour les femmes burundaises, GSF a décidé de renforcer la formation des professionnels de la périnatalité. Elle a mis en place des formations aux Soins Obstétricaux Néonataux d’Urgence (SONU) avec pour objectifs de :
• réduire la mortalité maternelle (100 fois supérieure à celle de l’Europe),
• réduire les complications des accouchements (dont les fistules et les prolapsus génitaux) et les complications néonatales.

La méthodologie pédagogique consiste à faire des cours interactifs en partant des acquis et des pratiques habituelles des participants. Il s’agit ensuite d’apporter des messages concrets visant à éviter la mortalité maternelle et la morbidité maternelle.
Résultats obtenus :
• Guérison et réinsertion des femmes fistuleuses : plus de 300 femmes opérées avec plus de 80% de guérison. Cela représente 15 missions de deux semaines chacune, réalisées par les équipes GSF, sur la période 2007-2011.
• Mise en place de formations aux Soins Obstétricaux Néonataux d’Urgence (SONU) en 2010.

L’action de GSF a contribué, en particulier, à :

• Reconnaître les fistules comme un problème de santé publique au Burundi.
Impliquer les plus hautes personnalités du Burundi dans la prise en charge des fistules à travers la première dame du Burundi qui a décidé d’impulser la création d’un centre de référence pour la prise en charge des fistules au CHU Kamengé, à Bujumbura.
• Convaincre le gouvernement de la nécessité d’une prise en charge gratuite du traitement des fistules obstétricales, décision prise le 1er mars 2010 par le Gouvernement Burundais. Cette décision, exceptionnelle en Afrique, relève d’une véritable prise de conscience de la société burundaise, encouragée, notamment, par les actions de GSF auprès des patientes fistuleuses.

2011-2015 : Traitement des prolapsus génitaux, Compagnonnage chirurgical et Formations aux SONU

Gynécologie Sans Frontières a passé un accord avec MSF Belgique afin de mieux s’organiser sur le terrain et de se diviser le travail. Désormais, MSF Belgique prend en charge les patientes fistuleuses à Gitega, au centre Urumori, qui est situé à 1h de route de l’Hôpital Rema. A Rema, GSF s’occupe aujourd’hui des prolapsus (déplacement vers le bas d’un ou plusieurs organes du pelvis féminin) ou descentes d’organes, qui sont des cas encore plus répandus que les fistules au Burundi. Aujourd’hui, la moitié des cas de prolapsus opérés à l’Hôpital Rema sont adressés par MSF Belgique. L’objectif des équipes GSF est également de former des médecins généralistes à la chirurgie gynécologique voies haute et basse. Depuis décembre 2012, un système de vidéotransmission a été mis en place par GSF afin de mieux encadrer les médecins locaux.
En parallèle, GSF continue de dispenser des formations pour les soins obstétricaux néonataux d’urgence (SONU) afin de former une centaine d’infirmiers et une trentaine de médecins issus des 4 provinces de l’Est du Burundi. L’objectif étant de faire de l’Hôpital Rema un centre de référence au niveau de la prise en charge obstétricale et chirurgicale.

Résultats obtenus :
• Depuis août 2012, une centaine de femmes souffrant de prolapsus et d’autres pathologies gynécologiques ont été opérées au cours de trois missions. Cela représente parfois 4 opérations par jour. Au cours de cette même période, un médecin généraliste burundais a été formé à la chirurgie gynécologique à l’Hôpital Rema sous la supervision des équipes GSF. Ce dernier sera capable de prendre en charge les fistules à Gitega lors du départ de MSF Belgique fin 2014. Il est prévu de former un nouveau médecin généraliste à la chirurgie gynécologique dès octobre 2013.

• Depuis avril 2010, 5 missions SONU de deux semaines chacune ont été réalisées.
L’action de GSF contribue à réduire les complications liées aux accouchements (dont les prolapsus et les fistules) et les complications néonatales. A court et long-terme, elle participe à la diminution de la mortalité maternelle.
Depuis l’ouverture de l’Hôpital Rema en 2008, aucune mort maternelle n’est à déplorer. Les équipes GSF ont toujours été soutenues et aidées dans leur travail par Marguerite BARANKITSE, créatrice de l’Hôpital Rema et fondatrice de la Maison Shalom (http://www.maisonshalom.org/). C’est grâce à son investissement que GSF peut travailler et transmettre dans les meilleures conditions possibles.

Prévision 2013-2015 : 2 missions SONU par an et 2 missions « Compagnonnage et Prise en charge des prolapsus » par an.
La dernière mission « Compagnonnage et Prise en charge des prolapsus » s’est déroulée en octobre 2013. L’équipe GSF a comme objectif de réaliser 40 à 50 interventions chirurgicales et de former un nouveau médecin.


PROJET 2 : Améliorer la prévention et l’accès aux services de traitement et d’accompagnement des victimes sexuelles

Au Burundi, le problème des violences sexuelles touche un nombre très élevé de femmes. Après une longue crise qui a éclaté en 1993, le Burundi est engagé sur la voie de la consolidation de la paix et de stabilisation, mais la guerre aura entraîné de graves conséquences. Parmi ces conséquences, se trouve l’amplification du phénomène de violences sexuelles et autres abus faits aux femmes et aux enfants. Malgré l’arrêt de la guerre, ce mal ne connaît pas à l’heure actuelle de fléchissement. Des viols sont commis quotidiennement sur des femmes et des enfants.
Le projet actuel s’inscrit dans le cadre d’un vaste programme approuvé par la Commission européenne et mis en œuvre par l’ONG italienne Comitato Collaborazione Medica (CCM) au Burundi pour la période 2011-2014 dans les Provinces de Bujumbura Mairie, de Muramwya, et de Cibitoke. En 2013, GSF a mis en place un partenariat avec la CCM et la Région Pays-De-La-Loire afin de former les professionnels de santé locaux à la prise en charge médicale et psychosociale des victimes de violences sexuelles.

Principes Fondamentaux de cette coopération tripartite

1. Réciprocité

• Echange de connaissances et pratiques entre médecins et psychologues burundais et européens sur la question délicate de la prise en charge médicale et psychosociale des victimes des violences sexuelles.

2. Pérennité

• Une enquête sociale permettra d’identifier dans les trois provinces des victimes de violences sexuelles vulnérables.

Activités de sensibilisation : CCM

– Vaste campagne d’information à travers le théâtre forum (2 séances de théâtre prévues par mois dans chaque province) ayant comme public cible les hommes, les élèves des écoles secondaires et leurs encadreurs. Le travail auprès des hommes et des garçons peut avoir un effet transformateur sur la vie des femmes et des filles, de même que sur celles des hommes et des garçons.

Cinéma mobile via la diffusion d’un film documentaire en kirindi, swahili et français qui abordera le problème des tabous, des conséquences et de la recherche de solutions pour combattre les violences sexuelles (1 sénace de cinéma prévue dans chaque province par mois). Cet outil de sensibilisation offre à des milliers de spectateurs une activité récréative avec un important contenu pédagogique, sur lequel ils peuvent échanger et se confronter.

• Interaction avec la population à travers ces représentants (autorités locales, comités locaux de développement, associations locales) est recherchée, afin de favoriser leur appropriation dans la lutte contre le phénomène et pour la recherche de solutions partagées et adaptées au contexte spécifique de chaque zone.

• Un dispositif communautaire de prévention et de référencement des victimes de violences sexuelles sera mis en place permettant aux communautés de continuer leurs actions de mobilisation au-delà du projet.

3. Renforcement de capacité : GSF

• Les opérateurs sanitaires et sociaux impliqués dans la prise en charge des victimes de viol ont besoin de formation et d’appui conseil de proximité sur les problématiques liées à la prise en charge médical et psychosociale. Des cycles de formation théorique et pratique sont prévus.

• Le renforcement des capacités du personnel du Centre Seruka permettra une amélioration de la prise en charge des victimes à Bujumbura.

Principes souhaités de cette coopération tripartite

Transversalité (passerelle entre les thématiques, échanges d’expériences entre acteurs)

Dans le cadre de la Coopération Pays-De-La-Loire/Burundi, Gynécologie Sans Frontières intervient déjà sur un projet de mise en place de formations aux soins néonataux d’urgence (SONU) dans les provinces de l’Est du Burundi. Grâce à ce projet, GSF étend ses activités à une thématique nouvelle, les violences sexuelles, tout en poursuivant son objectif global d’améliorer la santé des femmes burundaises.

Gouvernance (Dynamique territoriale, concertation)

Le projet a un fort ancrage local étant donné la participation des structures décentralisées du Ministère de la Solidarité (CDFC) et du Ministère de la Santé (Hôpitaux des districts). De plus, les campagnes de sensibilisation sur les problématiques des violences sexuelles ont comme objectif final l’engagement des communautés, tant dans l’identification et l’accompagnement des cas de viols vers les services de prise en charge, que dans la prévention du phénomène.

Public cible

Les victimes de violences sexuelles dans les 3 provinces, estimées à environ 40.000 femmes et 3.000 hommes et les enfants des zones cibles ; 12 operateurs (infirmiers, médecins et psychologue) du Centre Seruka ; 25 operateurs sanitaires des 4 hôpitaux de district de deux Provinces (Cibitoke et Muramvya) ; 30 assistants sociaux des Centres de développement familiale et Communautaire (CDFC) des trois provinces.

Objectif général: Contribuer à la consolidation de la prise en charge intégrée des victimes de violences sexuelles au Burundi.
Une mission exploratoire s’est déroulée en juillet 2013; la mission suivante de GSF s’est déroulée en octobre 2013.