Table Ronde - Ciné-Débat Nice le 06/02/2026

À l’occasion de la Journée internationale de la tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines, la Ville de Nice a organisé, le 6 février, la projection du film Muganga de Marie-Hélène Roux, suivie d’un débat public. Ce documentaire retrace le combat du Dr Denis Mukwege, médecin congolais et Prix Nobel de la Paix, qui soigne depuis des décennies des milliers de femmes victimes de violences sexuelles en République démocratique du Congo, notamment à l’hôpital de Panzi. Le film met en lumière la reconstruction physique et psychologique des survivantes, ainsi que la collaboration entre le Dr Mukwege et le chirurgien Guy-Bernard Cadière, permettant des avancées chirurgicales majeures dans la réparation des lésions gynécologiques graves. Cette œuvre, inspirée du livre Panzi, rappelle l’ampleur des violences sexuelles utilisées comme armes de guerre dans l’est de la RDC, en particulier dans les régions du Kivu.

La soirée a également permis d’élargir la réflexion aux mutilations génitales féminines (MGF), un problème mondial qui touche encore plus de 230 millions de femmes et de filles, y compris en France, où des milliers de femmes vivent avec les conséquences de ces pratiques.

Gynécologie Sans Frontières (GSF) était invitée à la table ronde «  De la douleur à la résilience : comprendre et agir en 2026 face aux viols de guerre et mutilations sexuelles » organisée lors de cet événement, en tant qu’acteur engagé dans la lutte contre les violences faites aux femmes. Etaient également conviés à cette table ronde : le Dr. Benjamin Cadière, chirurgien digestif, le Dr Galiba, vice-présidente de la Maison des Femmes des Alpes Maritimes et le Pr Bongain, chirurgien gynécologue obstétricien au CHU de Nice et la réalisatrice du film Marie-Hélène Roux.

La présence de GSF a renforcé la portée humanitaire et médicale de la soirée. GSF œuvre à l’international pour la prise en charge des survivantes de violences sexuelles, la prévention des mutilations génitales féminines, l’accès aux soins gynécologiques d’urgence et l’accompagnement des femmes en situation de grande vulnérabilité.

Bien que les mutilations génitales féminines et les violences sexuelles en contexte de guerre (comme celles observées dans le Kivu en République Démocratique du Congo) soient des phénomènes distincts (l’un étant ancré dans des pratiques culturelles persistantes, l’autre dans l’usage du viol comme arme de guerre), les deux partagent des dimensions communes : 

  • Ils touchent de manière disproportionnée les femmes et les filles et représentent des atteintes extrêmes à l’intégrité corporelle, aux droits humains et à l’égalité de genre. 
  • Les conséquences physiques et psychologiques sont souvent profondes et durables, nécessitant des services de santé spécialisés, un soutien psychosocial et une protection juridique. 
  • Les réponses efficaces nécessitent un croisement des approches de santé publique, de droits humains, de justice et d’autonomisation communautaire, comme celles promues par des acteurs tels que l’hôpital et la fondation Panzi. 

À travers son expertise médicale, son action de terrain et son plaidoyer, GSF incarne une réponse concrète et solidaire face aux violences sexuelles et aux atteintes aux droits des femmes, en France comme à l’étranger. Sa participation a souligné l’importance d’une mobilisation collective alliant soins, prévention, justice et sensibilisation du public.

Écrit par Jacqueline Castany

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