Retour sur la réunion sur les mutilations génitales féminines, organisée le 11 septembre 2025, avec la présence du GAMS Normandie
Contexte
Plus de 230 millions de filles et de femmes vivantes aujourd’hui ont subi des mutilations génitales féminines (source : OMS)
Il nous a été fait remonter dans l’un des spots de la mission Solisafe-Camifrance que des femmes s’étaient vues reprocher lors d’un entretien concernant leur demande d’asile le fait de ne pas avoir entrepris de reconstruction de leurs mutilations. Suite à cela et des craintes et interrogations suscitées, nous avons souhaité organiser une réunion entre bénévoles à ce sujet et avons eu la chance de bénéficier de la présence et de l’expertise du GAMS Normandie.
Voici une partie de cet échange riche et instructif :
Peut-il être reproché à une femme demandant l’asile de ne pas avoir entrepris une reconstruction chirurgicale ?
GAMS Normandie (Nafissatou Fall, présidente et Martine Desmares, secrétaire) : la reconstruction n’est pas une obligation. C'est un acte chirurgical dont les suites sont douloureuses et cela peut être traumatisant lorsqu'une femme ne le souhaite pas. C'est une décision qui doit revenir exclusivement à la femme. La reconstruction peut être une indication médicale lorsque la femme se plaint des douleurs dues à l’excision, ou dans le cas d’une infibulation. La reconstruction psychique est parfois préférable à la reconstruction chirurgicale.
L’accompagnement vers la reconstruction
Au GAMS l’accompagnement est effectué par une équipe pluridisciplinaire : médecins, sages-femmes, psychologues, sexologues. Il est important d’informer la femme sur cette opération, sur sa procédure et sur les changements de son anatomie. Un accompagnement sera effectué par une sexologue avant et après la chirurgie. toute chirurgie réparatrice pour faire un point sur ce qu’elle en attend et afin de pouvoir vérifier la bonne récupération de la fonction sexuelle en post chirurgie (qui peut prendre 6 mois). Ce peut être choquant pour la femme de découvrir une anatomie qu'elle ne connaissait pas.
Le passage au bloc n’est pas anodin et peut réveiller le traumatisme de la mutilation. Une vigilance est donc renforcée notamment concernant la position, qui peut rappeler la position lors de l’excision. Une anesthésie générale peut être conseillée pour cette raison.
L’accompagnement post opératoire
Il est impératif que la femme vive dans de bonnes conditions d'hygiène afin d'éviter toute infection. Un suivi assuré par un·e infirmièr·e et par une sexologue est conseillé.
Attention :
- Une femme réparée peut être exposée à une nouvelle excision : il faut rédiger une attestation afin qu’elle soit protégée
- La chirurgie est déconseillée pour les femmes ayant des enfants en bas âge car le portage répété comporte des risques pour la cicatrisation
Finalement un certain nombre de femmes qui ont entrepris ce parcours ne vont pas jusqu’à la chirurgie, et l’accompagnement psychologique permet une forme de reconstruction.
Pour aller plus loin :
Excision, parlons-en : mise en réseau et partage de connaissances et d’outils : https://www.excisionparlonsen.org/
Fédération GAMS : https://federationgams.org/
Rapport de l’UNICEF : https://www.unicef.fr/sites/default/files/userfiles/MGF_2013_BD_2.pdf
Webinaire Mutilations Sexuelles Féminines par le réseau périnatalité Occitanie : https://youtu.be/XazRlDUQiRk?si=7xuWLGa_PuGYR0Rq
