Mercredi 18 mars, le film La Maison des femmes sortait en salle à Perpignan, et une soirée ciné-débat était organisée par l’hôpital, avec la collaboration et la présence de plusieurs associations. Les bénéfices revenaient à l’association APEX.

De mon point de vue de gynécologue engagée dans la prise en charge des femmes victimes de violences, le film offre une représentation particulièrement juste et sensible du quotidien des soignants engagés auprès de ces femmes. À travers les situations cliniques, les échanges d’équipe et la charge émotionnelle omniprésente, il met en lumière la complexité de leur travail, à la fois médical, psychologique et social. Le film montre avec réalisme les tensions, les doutes, mais aussi l’engagement et l’humanité qui caractérisent ces professionnels, confrontés à des parcours de vie souvent marqués par des traumatismes profonds, ainsi qu’à leur propre quotidien pas toujours lisse. En ce sens, il constitue un support pertinent pour comprendre le vécu des soignants et les enjeux spécifiques de ce type de prise en charge, sans tomber dans la mièvrerie ou le pathétique.

Le débat a été animé par des cadres de santé de l’hôpital, par la gynécologue responsable de l’unité hospitalière Passer’elles (qui prend en charge les femmes victimes) par des médecins de l’unité médico-judiciaire et des associations APEX et France Victimes. Les échanges ont tourné autour des difficultés à trouver des hébergements d’urgence ou plus pérennes, pour les femmes, accompagnées ou non d’enfants, qui avaient besoin de quitter le domicile conjugal plus ou moins rapidement. Un autre sujet central a été celui de la difficulté de Passer’elles à évoluer en maison des Femmes #Restart, par manque de locaux et de bureaux permettant l’accès au « guichet unique » préconisé pour ce type de structure. Une directrice adjointe de l’hôpital était sur place et a été interpellée à ce sujet.

En résumé, un film à voir absolument, et encore du pain sur la planche pour la prise en charge des femmes victimes de violences, jusqu’au jour tant attendu où, nous le souhaitons tous, ce travail ne sera plus nécessaire !

Et puis si vous en voulez plus : regardez la série « Laura Stern » de 4 épisodes primée à La Rochelle : «  Laura Stern, brillamment interprétée par Valerie Bonneton », pharmacienne et mère de famille fonde l’association Femmes debout, dédiée aux femmes victimes de violence Elle anime un groupe de paroles pour ces femmes dans l’arrière-salle de son officine. Malheureusement, un jour, elle assiste impuissante au féminicide de l’une d’entre elles, alors que celle -ci était sous ordonnance de protection. Traumatisée et révoltée par l’inaction des institutions, elle décide de « prendre les choses en main » . Elle bascule alors elle aussi dans la violence pour protéger les femmes qui lui font confiance emmenant sa famille dans cette bascule ». Les femmes battues sont de réelles femmes battues et ce fut une expérience incroyable pour les quelques vrais acteurs de jouer avec des femmes aux émotions sincères. Valérie Bonneton explique qu’elle s’est toujours considérée comme une féministe  mais explique qu’elle a vécue une expérience tout-à-fait différente en passant à l’action, quoique fictive, dans ce film. Un film bouleversant et ressourçant

Proposition: Les femmes jouant les victimes de violence dans cette fiction sont elles mêmes de réelles victimes; et ce choix apporte à la série des émotions sincères.

Articles de Joëlle Safi et Vanina Chareyre

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