La petite histoire du préservatif

Les premiers « préservatifs » - si tant est qu'ils aient préservé de quelque-chose, remonteraient aux Egyptiens. Les capuchons en cuir, coton, argent ou en coquille d'escargot (l'invention humaine n'a décidément pas de limites !) jouaient indéniablement un rôle esthétique.

Les anciens Grecs et Romains optent pour des protections masculines en intestins et vessies d'animaux (cochons, moutons, chèvres...).

En Chine ou au Japon - on a recours à des matériaux plus raffinés comme le papier de soie ou les écailles de tortue.

En 1493 la propagation de la syphilis, possiblement arrivée en Europe avec les marins de Christophe Colomb, leur donne une nouvelle légitimité. La maladie fait des ravages, jusqu'au jour où un anatomiste italien nommé Fallopius, publie en1564 la première la description d’essais d’utilisation de préservatifs protégeant contre la « carie française ». Cette invention, baptisée « gant de Vénus » par Shakespeare, fut abandonnée rapidement.

17e siècle : En France, c’est Louis XIV qui démocratise l’utilisation du préservatif, bien que cela soit formellement interdit dans le pays, sous peine de prison. À cette époque, le préservatif est toujours en boyau animal et n’est ni très sûr ni très confortable.

18e siècle : Les fortes demandes lors de ce siècle de libertinage aidèrent le préservatif à se faire une place de choix dans la protection contre les maladies de l’époque comme la chaude pisse, ainsi que pour le contrôle des naissances. Le célèbre Casanova attribue au préservatif (alors fabriqué à base de boyaux d’animaux) le nom de « redingote anglaise ».

19e siècle : Le préservatif, jusqu'alors artisanal, rentre dans l'ère industrielle grâce à Mr Goodyear (oui, oui celui-là même dont le nom figure sur vos pneus). En 1880 il fabrique un prototype en caoutchouc vulcanisé. Lavable après usage, il est garanti cinq ans ! Bien que l'objet fasse 2 millimètres d'épaisseur et soit muni d'une vulgaire soudure sur le côté, il commence à ressembler au préservatif moderne. Ce n’est qu’en 1843 que le préservatif est dépénalisé en France.

C'est finalement en 1912 qu’un Polonais Israël Fromm apporte la dernière touche à ce monument de l'inventivité humaine. En fournissant notamment l'armée allemande lors de la 1ère guerre mondiale. Son slogan est vendeur : « La concurrence crève ». Comme Goodyear, il décide d'utiliser du latex mais pour l'amincir, il le liquéfie en le mélangeant avec de l'essence, et y trempe des formes phalliques. Il ne reste plus qu'à les enrouler. A partir de 1914, Fromm développe sa production dans son Fromm Act Gummiwerke Company Ltd et rencontre un franc succès.

Au début du 20e siècle : Le préservatif adopte un réservoir et se décline en plusieurs couleurs et parfums. Il est garanti cinq ans et se lave après usage. Au début de ce siècle a été inventé également le préservatif féminin. Il a malheureusement disparu sous cette forme, pour renaître en 1985 sous la forme d’un dispositif intra-vaginal en polyuréthane ou nitrile.

Dans les années 20 : Il est de nouveau interdit dans le cadre de la politique nataliste après la première Guerre Mondiale. Il connait en revanche un succès croissant aux Etats-Unis : les GI’s en emportent toujours dans leur paquetage.

Dans les années 30 : Le latex liquide remplace définitivement le caoutchouc crêpe. Encore aujourd’hui, il est à la base de la fabrication des préservatifs.

Depuis les années 60 : La révolution sexuelle redonne au préservatif ses lettres de noblesse, bien qu’il soit concurrencé par la pilule contraceptive, il permet de se protéger contre les IST et notamment le SIDA qui apparait dans les années 80. L’interdiction de toute publicité en faveur du préservatif est maintenue jusqu’en 1987. Depuis, toute publicité destinée au grand public doit être soumise à l’obtention d’un visa de la part de l’Agence de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé, au même titre qu’un médicament.

1990 : Les nouvelles technologies permettent une amélioration considérable du préservatif et la production de modèles beaucoup plus sophistiqués que ceux que connaissaient nos ancêtres.

Aujourd’hui : Le préservatif est le seul et unique moyen de protection efficace pour lutter contre les infections sexuellement transmissibles et tout particulièrement contre le sida. Il est en vente libre partout ! les préservatifs en latex peuvent être étirés jusqu'à huit fois leur taille d'origine avant de se déchirer. Ils peuvent également être pré-lubrifiés, nervurés ou encore aromatisés. En sensoprène, les dernières innovations ont pour but de ressembler le plus possible à une « seconde peau » et apporter des sensations douces et naturelles. Ils sont extensibles comme du latex et résistants comme du polyuréthane. Les utilisateurs en témoignent : aucune gêne n’est ressentie, ils n’ont pas l’impression de porter un préservatif. Il en existe également avec une surface perlée pour plus de sensations, de différentes couleurs (certains sont même phosphorescents !) et de goûts. Autant de nouveautés qui rendent l’instant à la fois sensuel et ludique.

Et pour finir : Le préservatif, français, de 1830 entre dans le musée « Rijksmuseum ».

Le préservatif exposé dans un musée provient semble-t-il d’une maison close et cocorico, il s’agit apparemment d’une production française. Outre son aspect historique, ce préservatif est particulièrement remarquable pour la gravure érotique dont il est orné. On y aperçoit une religieuse et trois ecclésiastiques dans des poses provocantes. La bonne sœur désigne du doigt celui avec lequel elle souhaite visiblement faire une ronde de nuit, la phrase « voilà est mon choix » (en français dans le texte) étant inscrite sur le préservatif. « Ce préservatif témoigne des multiples applications de l'art de la gravure et offre un aperçu de la sexualité et de la prostitution au XIXe siècle » détaille le musée. La présence de religieux moqués sur le préservatif renvoie au caractère licencieux (à l’époque) de l’utilisation de ce type d’objet et au rejet de la contraception par l’Eglise.

Célébrée le 13 février, la Journée internationale du préservatif a été créée par l'AIDS Healthcare Foundation, une organisation américaine à but non lucratif fondée en 1987 en réponse à l'épidémie de sida. L'organisation célèbre cette journée en distribuant des préservatifs gratuits.

La collecte se poursuit

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