Prendre soin de femmes
Ce livre devrait devenir le livre de chevet de nombre d’entre nous.
J’aurais pu, simplement, mettre la 4° de couverture, mais j’ai à cœur de vous faire partager mon bonheur à la lecture de ce livre.
Amina, avec qui j’ai travaillé avec tant de plaisir, non seulement propose une analyse des violences gynécologiques et obstétricales mais réalise également son autocritique, ce qui est exceptionnel dans le milieu médical.
Certes, avec amitiés et humour, je suis sage-femme tout de même ! Et je constate qu’elle reste une médecin spécialiste des pathologies, par conséquent, peut rencontrer des difficultés à être respectueuse du droit total des femmes sur les choix qu’elles peuvent faire. Elle parle « de permettre aux femmes de se réapproprier leur accouchement » mais fait une critique sévère des accouchements à domicile et voilée des maisons de Naissance.
Toutefois, je l’ai, moi-même, vu évoluer en introduisant petit à petit la bientraitance dans sa prise en charge de la pathologie.
Elle passe en revue justement ce qui aggrave les risques gynéco-obstétricaux, et pointe du doigt toutes nos erreurs d’écoute, et de connaissance des risques post-natals.
Cela raisonne en moi particulièrement car dès mes études j’ai été confrontée aux violences et déjà en révolte, je criais dans le désert. En congrès de sage-femme par exemple, lorsque j’avais affirmé que nous ne faisions pas un geste anodin en faisant un toucher, et que sans l’accord de la patiente, ce serait un viol ; l’assemblée de collègues avait été très houleuse.
Certaines têtes de chapitre à elles seules nous interpellent :
Comment en est-on arrivé là ? Que faire de nos agresseurs ? Ni folles, ni fragiles ?
Et surtout elle ouvre la voie vers un changement de cap institutionnel : « pour une politique publique de la bientraitance »
Un livre qui peut être dérangeant pour certains et certaines, mais qui peut permettre à beaucoup de se poser les vraies questions.
Écrit par ANNE-MARIE MOUTON


