Un droit arraché, un droit à défendre !
Un droit arraché, un droit à défendre !
️ 17 janvier 1975 – 17 janvier 2026 : 51 ans de la loi Veil, un pilier des droits des femmes
Le 17 janvier 1975, après des débats d’une violence extrême, la loi portée par Simone Veil dépénalisait l’interruption volontaire de grossesse. Cette victoire n’a pas été un cadeau : elle a été arrachée par les luttes féministes, face à un système qui condamnait les femmes à la clandestinité, au danger et parfois à la mort.
Depuis, le droit à l’IVG a été progressivement élargi, sous la pression constante des mobilisations :
Principales évolutions depuis 1975
- La loi est renouvelée définitivement en 1979.
- 1982 : prise en charge partielle de l’IVG par l’Assurance Maladie puis gratuite à 100 % depuis 2013.
- 1988 : introduction de la méthode médicamenteuse.
- 2001 : allongement du délai légal de 10 à 12 semaines de grossesse.
- 2014 : suppression de la notion obligatoire de “détresse” pour y avoir recours.
- 2016 : élargissement des professionnels (sages-femmes) autorisés à pratiquer l’IVG médicamenteuse.
- 2022 : nouvelle loi allongeant le délai légal à 14 semaines de grossesse et étendant encore les droits des sages-femmes à la pratique des IVG chirurgicales (loi Gaillot).
- 8 mars 2024 : la liberté de recourir à l’IVG est inscrite dans la Constitution, une première mondiale pour ce droit fondamental.
Chiffres récents sur l’IVG en France
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Les IVG sont concentrées aux âges compris entre 20 et 34 ans, et le taux de recours le plus élevé se situe entre 25 et 29 ans (tranche d’âge pour laquelle la fécondité est la plus importante)
En 2022, il y a eu 232 000 IVG en France, dont l’essentiel (≈ 75 %) par médicament, avec un rôle croissant des sages-femmes et des structures hors hôpital.
L’allongement du délai légal en 2022 n’a eu qu’un faible impact. Cette hausse en 2022 pourrait refléter une précarisation sociale et économique et une incertitude grandissante, qui augmenteraient la propension à interrompre une grossesse. En effet, le ratio IVG/naissances est passé d’environ 1 IVG pour 4 naissances à près de 1 pour 3, reflétant notamment des dynamiques sociales et économiques nouvelles.
Ces chiffres ne sont pas un échec, mais le signe d’un besoin réel. L’IVG n’est ni un abus, ni un confort : c’est un droit fondamental, indispensable à l’égalité, à la santé et à la liberté de choix.
⚠️ Un droit toujours menacé
Malgré son inscription dans la loi et la Constitution, l’accès à l’IVG reste inégal sur le territoire : fermetures de centres, manque de personnel, délais trop longs, pressions idéologiques. Ailleurs dans le monde, des reculs dramatiques nous rappellent que rien n’est jamais acquis.
Aujourd’hui
L’IVG est aujourd’hui possible jusqu’à 14 semaines de grossesse dans des structures variées (centres de santé, cabinets, hôpitaux), avec remboursement intégral et confidentialité garanties pour toutes les femmes, y compris les mineures sans autorisation parentale.
Un droit acquis, mais des défis persistants
Malgré ces avancées, des obstacles demeurent dans certaines régions ou territoires en raison d’une répartition inégale des professionnels de santé, et des voix continuent d’appeler à améliorer encore l’accès effectif à l’IVG partout en France.
✊ Célébrer la loi Veil, c’est refuser les reculs
C’est affirmer que le corps des femmes n’est pas un terrain de compromis politique.
C’est défendre un accès réel, rapide et universel à l’IVG.
C’est continuer à lutter pour que ce droit soit effectif pour toutes, partout.
