Une avancée majeure contre la précarité menstruelle : les protections menstruelles enfin remboursées
C’est une mesure attendue de longue date par les associations, les professionnels de santé et les personnes concernées : à partir de la rentrée universitaire 2026, certaines protections menstruelles réutilisables seront prises en charge par l’Assurance maladie.
Concrètement, ce remboursement concerne les jeunes de moins de 26 ans, sans condition de ressources, ainsi que les bénéficiaires de la Complémentaire Santé Solidaire (CSS), quel que soit leur âge. Les protections concernées sont les coupes menstruelles et les culottes menstruelles réutilisables, délivrées en pharmacie. Pour les moins de 26 ans, l’Assurance maladie prendra en charge entre 55 % et 65 % du coût du produit, tandis que les bénéficiaires de la CSS bénéficieront d’une prise en charge intégrale.
Cette mesure représente une avancée importante pour la santé menstruelle et l’égalité d’accès aux soins. Elle reconnaît enfin que les protections périodiques ne sont pas un produit de confort, mais un besoin essentiel.
L’enjeu est d’autant plus important que la précarité menstruelle demeure une réalité préoccupante en France. Selon les données les plus récentes, près de 2,9 millions de femmes manquent régulièrement de protections menstruelles faute de moyens financiers. Cette situation touche particulièrement les jeunes femmes : près d’une sur deux parmi les 18-24 ans déclare être confrontée à cette difficulté.
Les chiffres témoignent d’une aggravation du phénomène au cours des dernières années. Alors qu’en 2019, environ 1,7 million de personnes étaient concernées, les estimations évoquent aujourd’hui entre 2,9 et 4 millions de femmes et personnes menstruées en situation de précarité menstruelle.
Au-delà des difficultés matérielles, les conséquences sont multiples : utilisation de protections de fortune, absentéisme scolaire ou professionnel, limitation des activités sociales, atteinte à la dignité et parfois risques sanitaires liés à un usage prolongé des protections.
Cette nouvelle prise en charge ne résoudra pas à elle seule l’ensemble des inégalités liées aux menstruations. Elle constitue néanmoins un signal fort : celui d’une reconnaissance institutionnelle de la santé menstruelle comme enjeu de santé publique. Elle s’inscrit dans une dynamique plus large de lutte contre les tabous entourant les règles et de promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes.
Pour les acteurs engagés dans la santé des femmes, dont Gynécologie Sans Frontières (GSF), cette décision représente une étape importante. Elle rappelle que l’accès à une protection menstruelle adaptée, sûre et abordable est un droit fondamental et un levier essentiel pour réduire les inégalités sociales de santé.
Les bénévoles de GSF de la mission CamiFrance sont d’ailleurs engagés au niveau du territoire national dans la lutte contre la précarité menstruelle. Les distributions de protections périodiques, réutilisables ou non, ont lieu régulièrement dans les « spots » répartis à travers la France, et concernent les publics précaires et/ou migrants. Ces distributions sont notamment rendues possibles grâce à un partenariat avec l’association Règles Elémentaires que nous remercions chaleureusement, ainsi que l’ensemble de nos partenaires.




