Comores

Population : 718 mille
Espérance de vie : 60 ans pour les hommes, 63 ans pour les femmes
Taux de natalité : 36,8 naissances pour 1.000 habitants
Pourcentage d’accouchements effectués avec personnel qualifié : n.c
Nombre de médecins : n.c
Taux de mortalité maternelle : 280 décès pour 100 000 naissances
Taux de mortalité infantile : 59 décès pour 1.000 naissances normales

Chiffres OMS

Nos missions au Comores-Anjouan

Septembre 1999 à avril 2000 : Remise en fonctionnement du système de protection maternelle et infantile

Objectifs
Former un médecin généraliste à la Gynécologie Obstétrique et Organisation d’une maternité de référence

Situation & contexte
Anjouan est une des 3 îles comoriennes qui constituent la république islamique des Comores avec Moheli et Grande Comore. Anjouan s’est séparée de la RFIC et s’est auto constituée république non reconnue au niveau international.
On dénombre de 250.000 à 300.000 habitants dans une île de 600Km². Le taux de natalité est très élevé (4,8%) soit environ 10 à 15.000 grossesses par an. La contraception est très peu pratiquée avec moins de 3% des couples en âge de procréer. Le système familial est basé sur le matriarcat, avec une moyenne de 6 enfants par femme. La religion dominante est l’islam. La polygamie est légale. La fécondité est considérée comme valorisante. La stérilité est très mal vécue avec des retentissements sociaux importants (abandon, divorce…) Seuls 20% des grossesses sont suivies et accouchent sur l’île. Beaucoup accouchent à Mayotte lorsqu’elles ont les moyens de se payer le voyage (clandestin) sur des vedettes qui naviguent de nuit, et qu’elles ont la chance de ne pas faire naufrage. A Mayotte 70% des parturientes sont d’origines anjouanaise, en situation irrégulière.
Il y a trois causes à ce flux : Le système de soin « à la Française » est gratuit et de qualité, la possibilité d’acquérir la nationalité Française pour le nouveau-né. Le manque total de confiance de la population vis à vis des médecins anjouanais. Le taux de grossesse à risque est estimé à environ 11% à 32% selon les sources. Par rapport à l’Europe, le taux de mortalité périnatale est 10 fois plus élevé et le taux de mortalité maternelle est 100 fois plus élevé. 80% de ces morts maternelles sont évitables facilement par une amélioration de la prise en charge et de la formation des sages femmes.

Démographie médicale
Sept centres de soins sont répartis sur l’ile, au maximum à 1H30 de l’hôpital principal référent (Hombo à 3 km de Mutsamudu la capitale d’Anjouan). Ces centres sont relativement bien tenus avec une pharmacie quelques lits et quelques salles de consultations. Les Sages Femmes pratiquent toute la gynécologie obstétrique, et s’occupent de la santé de la femme de l’adolescence à la ménopause. On dénombre une vingtaine de SF diplomés (Madagascar, Maroc, Sénégal..), une dizaine d’infirmières accoucheuses qui aident ou font les accouchements dans les structures de soins, une dizaine de matrones qui accouchent à domicile sans aucune formation. Les médecins sont une vingtaine répartis sur l’île pour la plupart généralistes. Il n’y a pas de spécialiste en GO, mais une jeune médecin (Dr Touiya) formée au Maroc a été nommée chef de service de la maternité de Hombo car c’est la seule qui semble intéressée par la GO. Tous ces acteurs de santé travaillent dans les centres de soins et ont une activité privée l’aprés midi. Les SF et les Infirmières assurent la quasi-totalité des consultations et actes pratiqués dans les centres de soins. Elles sont rémunérées de temps en temps de la main à la main soit dans les centres soit à domicile.
Tout le matériel doit être payé par le patient ou sa famille. Les repas des malades sont assurés par les accompagnateurs (2 ou 3 par malade qui dorment dans les couloirs ou dans la chambre sur le sol). Pour la chirurgie, la Chine envoie un coopérant pour une durée de 5 ans qui assume toute l’activité chirurgicale de l’île au niveau de Hombo. Il n’assure aucune formation, amène son matériel, ses méthodes, et souvent ne parle pas la langue locale ni le français ce qui rend difficile toute communication. Il rend de précieux services pour les césariennes dont les indications sont portées par les SF.

Mission
La mission de GSF en Anjouan consiste en collaboration avec Aide Médicale Internationale à assurer la formation en GO des médecins généralistes d’Anjouan et en particulier la formation théorique (obstétrique pathologique) et pratique (césariennes, chirurgie gynécologique d’urgence, échographie) d’un médecin référent : le Dr Touiya. GSF forme aussi les Sages Femmes (partogramme) surtout sur les indications de transfert et les CAT pour améliorer la sauvegarde maternelle mais aussi l’échographie obstétricale simple et utile.

• Formation des médecins généralistes d’Anjouan sur la Gynécologie Obstétrique
• Formation du jeune médecin faisant fonction de chef de service de la maternité (Dr Touiya) à l’opération Césarienne, à l’obstétrique pathologique et à l’échographie
• Formation des Sages Femmes à la pratique du Partogramme, aux urgences de sauvetage maternel, la notion de transfert vers l’hôpital de référence
• Formation des Sages-femmes à l’échographie de dépistage pour l’orientation des femmes vers la maternité d’Hombo
• Rédaction de protocoles de transfert et de conduites à tenir
• Formation du Dr Touiya en France pendant un mois en décembre 2000