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BRIVE SE MOBILISE POUR GYNÉCOLOGIE SANS FRONTIÈRES

 Soirée exceptionnelle pour les chefs d’entreprise et membres de l’antenne briviste du Réseau Entreprendre Limousin : le Réseau Entreprendre, qui a pour mission d’accompagner les nouveaux entrepreneurs, s’est mobilisé cette fois-ci pour soutenir l’action de l’ONG Gynécologie sans Frontières (GSF). Avec une soirée  de conférence organisée le jeudi 12 décembre dernier, autour du remarquable travail du Dr Claude Rosenthal. Le gynécologue obstétricien, retraité, a longtemps exercé à Brive-la-Gaillarde avant de rejoindre l’ONG en 2011. Un engagement qui l’amène à partir régulièrement sur des missions à l’étranger dont il revient parfois avec des photos. Des instants du quotidien sur le terrain, exposés par le Réseau Entreprendre lors de cette soirée. La réalisation de cette exposition, qui servira de support de communication pour les prochains événements de l’ONG, a été « une belle surprise », pour le Dr Rosenthal. Entretien.

M. Rosenthal

Gynécologie sans Frontières (GSF) mène des missions à l’étranger, mais aussi en France ?

Oui, GFS est une petite ONG française créée en 1995. En France, GFS travaille sur trois grands axes : la lutte contre les mutilations génitales, c’est-à-dire bien sûr l’excision, la lutte contre les violences faites aux femmes, et un travail de fond sur les grossesses des adolescentes.
A l’étranger, l’ONG mène deux types d’actions. Des actions d’accompagnement et de formation, ce que nous appelons missions de compagnonnage : nous formons le personnel médical local, chirurgiens, sage-femmes et personnel soignant des maternités. A côté de ça, nous réalisons des missions d’urgence, dans un contexte de catastrophes ou de guerre. Nous avons par exemple été un an dans le camp de réfugiés syriens de Zaatari en Jordanie. Nous y avons monté une maternité. La population de ce camp a atteint 130 000 réfugiés : carrément unepetite ville ! Notre maternité arrivait à faire plus de 100 accouchements par mois.

GSF ne restreint donc pas ses interventions à des actes médicaux ?

Non, nous ne faisons pas que des soins. Il y a une part primordiale de formation et d’accompagnement dans nos missions. Nous dispensons également un enseignement pratique et théorique. Mais nous n’allons jamais dans un pays avec la science infuse. Il faut que ce soit nous qui nous adaptions : nos techniques ne sont pas du tout adaptées à l’environnement, au matériel local. Le but est d’essayer de montrer qu’avec des règles simples, on peut agir, et diminuer efficacement, par exemple, le taux de mortalité maternelle ou infantile. La philosophie de GSF est de rester deux ou trois ans dans un endroit, et de partir en laissant des gens autonomes pour faire face aux pathologies qu’ils pourront rencontrer.

 A quelles difficultés se heurte GSF dans ses missions ?

A l’étranger, c’est au cas par cas en fonction des pays ou des missions. En France, de manière générale, le plus difficile est de coordonner, d’organiser une action entre différents partenaires. Par exemple, les violences faites au femmes touchent différentes sphères : le médical, le juridique, le pénitentiaire, des associations privées… Beaucoup de systèmes dont la coordination fait parfois défaut. Dans les violences faites aux femmes, nous nous sommes aussi aperçu que le corps médical était mal préparé. Il n’y a pas d’enseignement pour essayer de prévenir ce genre d’agression, quelque part, de pathologie.

 Pourquoi avoir rejoint l’ONG en 2011 ? Quelles étaient les raisons de votre engagement ?

J’ai longtemps exercé, en tant que gynécologue obstétricien à Brive-la-Gaillarde. Et j’avais eu l’occasion de partir auMali, puisque Brive est jumelée là-bas avec Sikasso. A l’heure de la retraite, j’ai eu cette impression de ne servir à rien. On se dit qu’on va enfin pouvoir faire tout ce que l’on n’a jamais eu le temps de faire. Cette effervescence dure quelques mois. Puis on se rend compte que la salle d’attente est vide, et que, petit-à-petit, on vous oublie… J’avais cette impression profonde de ne servir à rien jusqu’à ce que je voie un reportage sur le tremblement de terre en Haïti. J’ai alors appelé Henri-Jean Philippe, président de GSF, qui m’a expliqué qu’il était inutile que je parte là-bas. En revanche, il y avait d’autres missions. En avril 2010, je partais au Burundi.

Le séisme en Haïti a eu lieu en janvier 2010. Votre engagement a été très rapide ! Et depuis, vous partez régulièrement sur quatre missions, voire plus par an, à l’étranger. Qu’est-ce que cet engagement vous apporte, d’un point de vue personnel ?

Faire de l’humanitaire, c’est apporter un peu aux gens, mais recevoir beaucoup. Finalement, l’action humanitaire permet de se retrouver. Vous travaillez, mais il n’y a pas de notion d’argent : tous les actes sont gratuits. Et vous êtes payé en sourires, en bénédictions. Ces remerciements sont bien plus importants que les richesses matérielles.

logo GSF    www.gynsf.org

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